LA 1ERE LECON DE NATATION

                          Que ce soit en natation scolaire ou en leçon de natation avec un Maître-nageur, la 1ere leçon doit être celle qui donne envie d’apprendre, de continuer. Il ne s’agit pas du 1er contact avec l’eau qui a dû se faire bien avant, sous forme ludique, dans une période de familiarisation avec le milieu aquatique, mais de la 1ere mise en situation de l’enfant avec un adulte enseignant et l’eau. Ce sont souvent ces situations nouvelles qui vont engager (ou non)  l’enfant dans une belle aventure pour de nombreuses années de la vie.                              Essayons de comprendre comment il perçoit ce moment important: Il ne connaît pas ou (très peu) cet adulte qui va s’occuper de lui et ilva ressentir, pendant cet instant, une bonne ou une mauvaise impression. Il va, bien sûr, associer cet état d’âme à l’eau et à l’apprentissage de la natation. L’adulte se doit donc d’être rassurant, amical, compréhensif; il doit être aussi souriant, savoir choisir ses mots pour bien se faire comprendre et savoir prendre son temps pour gagner la confiance de son élève. Même si on retrouve souvent des comportements similaires, chaque enfant est unique. Souvent timide, il parle peu et répond par oui ou par non aux questions de l’adulte mais il exprime beaucoup de choses par ses attitudes si l’on sait l’observer. Ses gestes son regard, ses déplacements vont nous renseigner sur son caractère et le rapport qu’il entretient avec l’eau dès ce stade. C’est le moment, c’est l’occasion de « tendre la main » à l’enfant pour lui envoyer ce message  » ne t’inquiète pas, je suis là ».                                                                                                                                                                                                 Oui, ce n’est pas si simple quand on a vingt gamins en même temps en natation scolaire! Il va falloir jouer entre autorité et attitude sécurisante pour se faire entendre. Les critères pour constituer des groupes de travail doivent tenir compte de l’aisance aquatique, c’est évident, mais aussi du comportement de l’enfant. Pour cela, il est possible de différencier , rapidement, 3 niveaux de comportements relatifs à la relation qu’a l’enfant avec l’eau:                                                                                                                                                            - Il a une peur exagérée du danger et doute de ses capacités: il se sous-estime.                                                                                                                        - Il n’a pas peur, mais est conscient que c’est un environnement qui représente un danger bien réel pour lui: il est prudent et attiré à la fois.                                                                                                                                                                                                                                                                             - Sa confiance est excessive, il aime l’eau mais n’a pas ou peu conscience des conséquences de son comportement: on doit faire preuve d’autorité avec lui. Il faut donc être ferme ou rassurant selon l’enfant. Le déroulement de la 1ere séance va définir le cadre dans lequel vont se passer les autres séances de l’apprentissage.

                         Quelle attitude avoir pour réussir sa 1ere leçon?

                         Sans doute observer et écouter. Le cadre, les attitudes, le ton de la voix doivent stimuler l’enfant pour qu’il se concentre et qu’il donne le meilleur de lui même. Logiquement on a préparé sa séance avec se connaissances et son expérience, mais son déroulement doit toujours laisser une bonne place à l’improvisation pour s’adapter aux réactions de l’élève; rester à l’écoute de l’enfant, c’est être en interaction avec lui; ce sont des comportements qu’il perçoit, et qu’il recherche avidement.

                         Vous avez établi une relation solide et ce sont les fondations sur lesquelles vous allez construire les séances à venir. Ce 1er contact entre l’enfant, l’eau et l’enseignant est trop souvent sous-estimé. La routine, la lassitude de la répétition dans le travail doivent être surmontées par la motivation de réussir « la » 1ere leçon d’apprentissage.

Un exemple anecdotique: celui d’un collègue qui, en saison estivale, se retrouve avec près de 80 enfants en leçon dans la journée du lendemain, et qui, avant de s’endormir, va réviser tous les prénoms des enfants pour ses leçons. Pourquoi?? Parce qu’il va pouvoir appeler chaque enfant par son prénom pendant la 1ere leçon. Quand il va avoir besoin de s’adresser à un élève, il ne va pas dire     » hé, toi… » mais « Mathilde… » qui enfant ou adulte, n’est pas sensible à cela?

Dans notre travail, nous avons à nous référer aux directives de la jeunesse et des sports, de l’éducation nationale, de la FFN, du chef  d’établissement qui ne sont pas toujours concordantes quand elles ne sont pas contradictoires. Prenons du recul et n’oublions pas les principes fondamentaux qui se réfèrent en premier lieu à la personnalité de l’enfant pour savoir ce que nous devons faire. Se satisfaire de ses résultats, répondre à ses obligations, répéter sans réfléchir, ce n’est pas une solution et c’est ennuyant!

Oui, la 1ere leçon peu changer la vie de quelqu’un. Elle peut être le début d’une carrière de nageur ou le départ d’une vocation d’enseignant ou plus simplement le déclic d’une affinité de la personne avec l’eau. C’est votre responsabilité pendant ces quelques minutes passées avec un enfant pendant la 1ere leçon.

Bernard.

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